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Séisme au Myanmar : l’ONU se mobilise pour répondre à l’appel à l’aide des autorités

Selon la presse, un séisme de magnitude 7,7 a frappé le centre du Myanmar vers 12 h 50, heure locale, vendredi, faisant plus de 140 morts et au moins 732 blessés. Des secousses ont également été ressenties en Thaïlande, au Bangladesh, au Laos, en Inde et en Chine.
Le chef de la junte au pouvoir au Myanmar a immédiatement lancé un appel à l’aide de la communauté internationale.
En réponse, le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a indiqué que l’équipe de l'organisation présente dans le pays tentait de mobiliser pleinement les ressources onusiennes dans la région pour soutenir la population.
« D'autres pays sont touchés, mais l'épicentre se trouve au Myanmar, et le Myanmar est le pays le plus vulnérable dans la situation actuelle », a précisé M. Guterres lors d’une conférence de presse au siège de l’ONU, à New York.
Juste avant de répondre aux questions des journalistes, le chef de l’ONU avait adressé, dans un post sur le réseau social X, ses condoléances aux gouvernements et populations de la région.

Une première enveloppe de 5 millions de dollars
De son côté, le porte-parole du Secrétaire général, Stéphane Dujarric, a souligné que l’ONU s’efforçait de recueillir des informations supplémentaires concernant le nombre de personnes touchées, les dégâts causés, notamment au niveau des infrastructures, et les besoins humanitaires immédiats.
« Nous partagerons d'autres mises à jour et informations dès que possible », a ajouté M. Dujarric, lors du point de presse quotidien de l’ONU, à New York.
Le porte-parole a toutefois indiqué que le chef du bureau des affaires humanitaires de l'ONU, Tom Fletcher, avait débloqué une première enveloppe de 5 millions de dollars, en provenance du Fonds central d'intervention d'urgence des Nations (CERF), afin de soutenir les opérations de relèvement au Myanmar.
« Le tremblement de terre va aggraver une situation humanitaire déjà désastreuse au Myanmar, où près de 20 millions de personnes ont besoin d’aide à travers le pays, dont plus de 3,5 millions de personnes déplacées », s’est inquiété M. Dujarric.
Insécurité alimentaire
Même inquiétude du côté du Programme alimentaire mondial (PAM), qui se dit, lui aussi, prêt à intervenir. L’agence s'efforce de comprendre les besoins des communautés touchées au niveau de l'épicentre, situé à proximité de zones de conflit armé où les communications sont limitées.
« Ce puissant séisme a frappé le pays au pire moment possible », a déclaré Sheela Matthew, directrice adjointe du PAM au Myanmar, dans un communiqué de presse. « Alors qu'une personne sur quatre dans le pays est déjà confrontée à une insécurité alimentaire aiguë, le Myanmar ne peut tout simplement pas se permettre une nouvelle catastrophe ».
Mme Matthew a indiqué que le PAM se tenait prêt à distribuer les stocks de nourriture prête à consommer dont il dispose dans ses entrepôts.
Au total, l’agence estime que plus de 15 millions de personnes seront frappées d'insécurité alimentaire en 2025. Dans ce contexte, le PAM juge l'aggravation potentielle des besoins humanitaires en raison de la catastrophe extrêmement préoccupante.
Des fissures dans les murs
À Bangkok, Isabel Rodrigues, une professeure d'université mariée à un membre du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), travaillait chez elle lorsque le tremblement de terre a secoué son quartier.
« Au début, j'ai entendu un bruit de craquement, comme si quelqu'un déplaçait des meubles », déclare-t-elle dans une vidéo obtenue par ONU Info.
Réalisant qu’il s’agissait d’un séisme, Mme Rodrigues s’est réfugiée dans un endroit sûr au sein de son immeuble, qui vibrait fortement. « Plusieurs fissures se sont formées dans les murs, puis des parties se sont détachées et sont tombées, du jamais vu », s’exclame-t-elle.
Selon elle, les secousses ont duré deux ou trois minutes.
La presse rapporte qu’un immeuble de 30 étages en construction s’est effondré à Bangkok, faisant au moins 8 morts et piégeant sous les décombres des dizaines de personnes.
Toutefois, Mme Rodrigues indique que dans son quartier, situé à proximité des ambassades et des grands centres commerciaux de la ville, elle n’a constaté aucun bâtiment détruit.
À la tombée de la nuit, la ville était selon elle revenue au calme.